La lassitude, la vraie, celle qui ne donne même pas envie d'en parler.
Se forcer, à écrire, pourtant, pour ne pas perdre la main...Pour ne pas perdre pieds...
Les heures qui passent, qui se ressemblent, qui ne disent rien de nouveau, et qui nous font viellir quand même...
Des projets qui deviennent des espoirs, qui deviennent des rêves...Qui ne deviennent plus rien...
Des gens, sans lesquels on ne peut pa vivre, sans lequels ont a du mal à exister, qui nous manquent un peu...Auxquels on repense parfois...
Trouver une raison d'aller, bien ou d'aller mal, mais trouver quelquechose à dire.
Où se trouve la vértité?
Dans cette absence de sentiments...D'envies?
Où dans tout ce qui se tapie au fond de nous....Trop de gens qui manquent, trop de gens absents...
Trop de rêves jamais devenus réalité....Ou l'inverse, mais qu'importe, le resultat est le même...
C'est dur d'écrire sur Rien...C'est plus facile d'être heureux..C'est encore plus aisé d'écrire sur le desespoir....
J'attendrais, alors, d'avoir quelquechose à dire....A revendiquer, à pleurer, à regretter...
Je me promenais sur le chemin, je ne sais plus trop bien pourquoi, toujours est il que j'étais là, marchant, rêvant, réconfortée par un soleil tiède de printemps.
Je me suis assise, là, sur ce banc, vide, presque nu, si l'on considère qu'une feuille de papier, un morceau de cahier, ne represente pas un réel encombrement.
Je me suis donc assise et j'ai pris cette page, j'ai volée ces mots qui ne m'étaient pas destinés..Il parlaient de chiens qui courent et qui constituent la seule compagnie des marcheurs solitaires. Îls parlaient de vides innaceptables..Ils disaient que ce matin frais et maussade, rappelaient d'autres matins qui avaient su être plus heureux. Ils parlaient d'enfants qui jouent dans le sable, et de landeaus par milliers, qui remplissent les airs de jeux et les pelouses, et qui vident le coeur de savoir que c'est un bonheur qui ne sera jamais ensemble partagé...
C'était une lettre d'amour de laquelle on attend rien, ni un retour, ni même un reponse...
C'était une lettre d'amour comme on en ecrit qu'une: pleine de remords et de sentiments écorchés.
C'était une déclaration d'envie, c'était une déclaration de vie...Et en même temps, un terrible rennoncement, un si bel adieu, empli de compassion et d'empathie..Pourtant au fond de toute cette tristesse, de toute cette désillusion, on ressentait un premisse d'espoir, on pouvait presque entendre palpiterce coeur qui croyait encore en demain, même si la raison affirmait le contraire.
C'était une lettre qui parlait d'oiseaux qui chantaient malgré tout..Qui rappelaient que tout cela n'était pas grave, puisqu'il y avaient toujours les souvenirs et encore plein de temps pour vivre.
J'avais lu cette lettre sans relever la tête, mais j'ai eu besoin de respirer un peu d'air frais pour ne pas me noyer dans les émotions que tout cela remuait en moi.
C'est à ce moment, en regardant les gens sombres, gais, pressés, nonchalants, égarés que je me suis demandée: "Qui a bien pu écrire cette lettre?" "A qui était elle destinée?"..Ce vieux monsieur au chapeau gris ? A cette jeune fille au teint si frais? A cet homme qui aurait pu être banquier ? Cette jeune femme au regard vague?
Tous en vérité auraient pu être l'auteur ou le destinataire de cette lettre.
Tous et moi aussi quand on y pense, car tout le monde a enfouie au fond de lui, tapie, très loin, un regret inavouable, le manque de quelqu'un..on est tous l'Eldorado d'un autre, la terre insaissisable.
Je me suis alors demandé qui aurrait pu m'écrire ceci, mais je n'ai jamais trouvé la reponse....Ce qui n'est guère étonnant car, si je savais qui me regrettait ainsi, si je savais qui m'aimait au point de me pardonner mon manque d'amour, alors je ne l'aurais pas quitté.
En revanche, je savais qui me manquait de façon lancinante et douloureuse..Et la reponse est: trop de monde...Trop d'amour devastées, mis de côté pour des broutilles des choses tellement futiles...
J'aurais pu garder cette lettre , la recopier et l'envoyer à toutes ces personnes qui creusent en moi, au travers de leurs silences de larges tranchées de desamours pulsatiles, mais je ne l'ai pas fais.
Je ne l'ai pas fais parce que, comme cette ombre qui l'avait déjà abandonnée, seule sur ce banc, je savais déjà toutes ces peines, ces désillusions, ces douleurs, ce manque qui tort le ventre et ces espoirs incensés brillants comme des étoiles au milieu des nuits trop longues.
Je le savais et je me disais qu'il en était de même pour les autres et que cela n'était pas necessaire de leur rappeler...Chacun de nous enfuie sa peine et son malheur sous des millier de rires et d'yeux qui brillent...
J'ai chiffonné cette feuille de cahier, je l'ai reduit en un petit paquet, je l'ai longuement malaxée pour la faire rapetisser, pour qu'elle disparaisse avec elle tous mes chagrins.
Je l'ai jeté dans la poubelle, juste près du banc, et je suis repartie le coeur léger, l'esprit en liberté, vagabondant aux cimes de mes plus beaux délires..Et si c'était à moi, que cette lettre était destinée...?
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