Le petit garçon regardait la mer...il lança un coquillage...le vent l'emporta dans une bourrasque sèche, et il ne toucha même pas l'eau.
Il faisait froid, dehors, et dans le coeur du petit garçon.
Il remonta le col de manteau....
Une nouvelle année commençait "il faut faire un voeu avait dit la maitresse, le soir juste au changement d'année, et il se pourrait bien qu'il se
réalise"
Le petit garçon ne croyait plus trop au voeux qui se réalisent, malgré ses tout petits 5 ans..Mais, pendant le repas familliale, au moment où il commençait à s'assoupir, à l'heure où les grands
compte à rebours "10...9....8.....7...", lui criait dans sa tête "REVOIR PAPA!!! REVOIR PAPA!!!
, des serpentins, des embrassades, des
"bonne année !!!!!!!" "Bonne santé!!!!!!" , des petards dehors....Mais bien sur, pas de papa qui sonne à la porte...Il regarda le téléphone portable de se
maman....Rien de ce côté là non plus....
Le petit garçon s'en voulait terriblement, il n'avait pas preciséla date!! Il le ferrai la prochaine fois qu'il en aurait l'occasion, en jettant une pièce dans un puit, devant une étoile filante,
au passage d'une colombe...Il preciserai, qu'il veut voir son papa...Tout de suite!!
Il se releva, retira grossièrement le sable qui collait à son pantalon et rentra pour gouter.
Maman avait fait une tarte aux pommes, et un gateau. elle avait fait coulé du café, et chauffé du lait.
Il avait 3 frères et 1 soeur...Autant dire, du monde dans la maison!! Mais au milieu de ce monde, il y avait un silence, et il se demandait si quelqu'un l'entendait à part lui....
Maman préparait toujours des gouters pendant les week end et les vacances, "C'est pour l'odeur, pour que vous vous en souveniez
toute votre vie"
Max s'assied donc à la grande table ronde, avec ses freres et soeur, dans la chaude ambiance du lait fumant, du clapoti du café qui filtre ses derniers aromes, et de la tarte aux
pommes croustillante.
L'hiver passa, les mouettes semblaient ravies de pouvoir poser leur pattes sur une eau à 10 degré! Le soleil réchauffait les nuques, les bras..Mais pas le coeur du petit garçon...
Le printemps était magnifique, la mer calme, les touristes encore au travail, le petit bourg où il vivait était encore paisible.
Puis se fut l'été...les pelles, les grands mère sur les sièges pliantes, les glacières, les planches a voiles, les jeunes filles en bikini, les regards des garçons, les parties de boules de
couleurs dans le sables, les chateaux, detruits par les marées montantes sous les cris heureux des enfants, la mer scintillante, les cerf volants chatoyants,les papas qui creusaient des trous
geants,jouainet au ballon
Max, la tête sur les genoux, les larmes lourdes qui dessinaient de petits cratères dans le sable fin...
Max qui ne croyait plus aux voeux....
"Je compterai les grain de sable de toute la plage et quand j'aurais terminé, papa sera là..."
" Quand 10 mouettes se seront posées sur le rocher,je ferrai mon voeu, à nouveau, avec la date et papa sera là...."
10 mouettes se poserent, Max ferma les yeux, Max fit son voeux...le même qu'au nouvel an, mais il ajouta "Bientôt".
Quand il ouvrit les yeux, les mouettes avaient disparues, ses joues n'étaient pas séchent...Mais les cerf volant cachait encore le soleil de temps à autre....
Il n'entendit pas les pas s'approcher de lui, ne vit pas la silhouette s'asseoir à ses côtés.
"Tu veux le même Max?"
Max leva les yeux, et vis un homme, un homme qui lui ressemblait....Peut être...Son coeur s'emballa
"-Tu est mon papa?
-Oui.
-Où étais tu?
-Loin de
toi....
-Pourquoi es tu revenu?
-parce que mon coeur avait froid..."
max sourit, se blotti dans les bras de cette homme qui s'appelait papa..Et pour la première fois..Max n'eut pas froid au coeur....
Aujourd’hui est un jour comme les autres ….En pire…Je me sens inutilement agacée, inutilement vivante….Je ne vois pas dans le regard des gens qui me sont
proches, ce plaisir d’être à mes côtés…je ne vois pas de compassion (dans le bon sens du terme)…Enfin, si dans les yeux de mon fils, le plus grand. Les 2 autres sont trop petits pour comprendre
ces choses là.
Donc je suis inutile, à moi, au autres..Au monde en général et au gens que je croyais attachés à moi en particulier.
J’ai chaud, ma tête bouillonne d’idées confuses, de projets dévastés dans l’œuf, de pensées absurdes.. Tels que: « Et si je mourais, à part mes enfants qui serait triste? »
A cette réponse je trouve « Personne », car personne n’est irremplaçable, parce que on a toujours quelque un pour vous faire penser à autre chose…Il n’y a que les mamans qui ne le sont pas…
C’est pour cela que je reste en vie. Pour eux, leurs regards..Ne pas gâcher leur avenir et partager le plus de joies avec eux…Même si parfois je n’y parviens plus….tellement le flot de tristesse et d’impuissance me ronge….
J’ai froid, froid de manque de tendresse, de mains chaudes pour enserrer la mienne…D’amour… heureusement, comme à chaque fois, un calin, un sourire, un rire , un bisous de mes petits….Même au milieu de leur tempête de mauvaises humeurs, des crises et des larmes, je me raccroche….A leur innocence….
Je ne sais plus ce qu’est le bonheur; j’ai cru le savoir, j’avais peut être raison, mais sur le coup, j’étais trop envahie d’émotions, j’ai pris peur..je suis partie.
Aujourd’hui, j’évolue dans ce monde dénué d’affects, et je me sens mal…Je me sens vide et en même temps trop encombrante….
Je ne suis plus moi, je suis quelque un ,je suis une chose…je n’existe pas dans le cœur des adultes….Ils me méprisent, me toisent….Je ne suis pas morte, je
suis insignifiante….Et je pense que cela est pire…Pire que quoi?
Heureusement, je suis emprisonnée dans cette tour d’ivoire qui parait il rend la vie un peu plus belle….Je suis l’heureuse amie de Prozac, Lexomil, et Noctran….Mes acolytes du moments…Mes acolytes pour la vie? Je ne sais pas, ils ne m’ont pas demandés mon avis.
On me les a presenté, par politesse, je les ai invité pour voir, après tout, ils avaient peut être une solution….Et ils avaient l’air tellement sincère….
Ils m’ont promis des peines moins lourdes, des angoisses moins étouffantes et des nuits sans réveils..Ils ont tenus promesses….Toujours, là, dans leur
boites , dans mes veines…dans ma tête dans ma vie…Fidèles compagnons de mon existence ….par choc de mes défaites, nuageux cotonneux qui envahi ma tête, embrume mon esprit…Rien ne va mieux, mais
rien n’est grave….Ils ont happé mes désirs pour que je ne souffre plus….
Peut on vivre sans désirs? Une vie sans désir…C’est la mort…C’est le cœur qui bat dans le néant….Compte a rebours de l’arret définitive de la machine
qu’Est-ce corps devenu inerte.
J’irais bien promener le chien, mais il est tard, très tard, trop tard….Pourtant j’aurais froid, mal aux jambes de fatigue, peur peut être, si je ne prends
pas le chien qui serait susceptible de me défendre…Je sentirai de nouveau la vie naître en moi, à travers l’éclosion de toutes ses sensations…
Je resterais là. Pas parce que j’ai peur ( de toute façon, j’aurais pris le gros chien…)Mais parce que Lexomil m’a dit « Va prendre un bain, et va
lire un peu..Moi, je vais te detendre, au milieu de cette mousse voluptueuse que nous aurons préparée ensemble, ensuite, tu enfileras ton pyjama, celui que tu aimes tant, et tu te sentiras
apaisée….Presque heureuse….. »
Lexomil avait raison, l’eau chaude du bain sur mes épaules, et sa douce présence me calme, me berce….Comme une enfant….
Pas le temps de laisser revenir les démons, Noctran est là « Lexomil m’a dit..Les temps sont durs….Tu as besoin de moi, viens….On va se coucher, tu
vas regarder la télé, la tête sur ton oreiller d’enfant, la couverture de mémé sur la couette,le velux entrouvert, pour entendre la pluie courir dans les rigoles et chanter sur le
toit…. »
Noctran avait raison egalement, je me suis endormie, doucement; glissant dans le pays des songes, celui de mes rêves…De mes désirs ceux qui ne seront jamais fait de matière de vie….La nuit est belle, enchanteresse..Presque trop…
C’est le matin, les yeux lourds, l’âme detrempée, j’ai du mal a retrouver mes repères dans le monde des vivants, « Ne t’inquiète pas, me chuchote
Prozac, je suis là, et lexomil aussi, tu le fais travailler beaucoup celui-ci…. »
Alors, je ne reste pas longtemps dans le monde des vivants..Je partage ma tasse de café avec mes deux amis….Et la journée peut commencer, au milieu des méandres de mon sang impur….Et de mon âme aseptisée…
Dieu, que la vie est belle……
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